Que faire face aux “caprices” ? Les bon réflexes montessoriens

Dans le dictionnaire il est dit qu’un caprice est : « Une volonté soudaine, irréfléchie et changeante de quelqu’un ».

Voyons ce que dit Maria Montessori à ce sujet

« L’enfant n’est dignement compris nulle part. La crainte inavouée que l’enfant nous cause des ennuis ou des désagréments est évidente … dès lors on procède toujours de la même manière : il faut veiller à ce que l’enfant ne fasse pas de dégâts, ne salisse pas, ne dérange pas et n’entrave pas le déroulement paisible de notre vie quotidienne … il faut aussi combattre ses soi-disant « caprices » pour qu’il n’en soit pas victime et qu’il devienne un adulte bien élevé. […] Nous faisons de graves erreurs de compréhension et tenons pour capricieux certains actes de l’enfant qui en réalité ne le sont pas le moins du monde. » Il y a un instinct, par exemple, qui se manifeste dès la première année de la vie de l’enfant et atteint le sommet de son expression aux alentours de deux ans : le besoin qu’il manifeste, pour construire son esprit, de voir les choses toujours à la même place, et utilisées pour l’usage auquel elles sont destinées… » Elle cite l’exemple d’un enfant de deux ans que la nourrice baignait toujours de la même manière, un jour la nourrice se fait remplacer. L’enfant pleure à chaque fois que la remplaçante le baigne et personne ne comprend. Une fois rentrée, la nourrice demande à l’enfant la raison de ses larmes. L’enfant explique qu’elle le baignait « à l’envers » : Là où sa nourrice mettait la tête de l’enfant, l’autre mettait ses pieds. Le besoin de voir les choses toujours de façon identique fait partie de sa vie et il défend cela au mieux : c’est cette défense que nous appelons « caprice » chez l’enfant. » L’enfant dans la famille.

 

Selon Maria Montessori, « Le caprice doit prendre à nos yeux l’importance d’un problème à résoudre, d’une énigme à déchiffrer.»

Il représente une tentative de l’enfant pour se défendre contre un environnement mal adapté, pour réclamer une ambiance extérieure qui corresponde à ses besoins intérieurs. Notamment durant les périodes sensibles : (voir le billet rédigé sur les périodes sensibles) : en effet, si un obstacle survient lors du travail intérieur que fait l’enfant pour acquérir un apprentissage particulier lors d’une période sensible, l’enfant connaît alors un bouleversement violent. Il peut en ce cas manifester des réactions de désespoir que les adultes jugent sans cause, et qui se manifestent par un « moment d’activité inutile et désordonné ».

 

Le plus important est de comprendre que toute crise a une cause dans la situation et qu’une fois qu’on a trouvé la cause, la crise s’éteint d’elle-même.

Quelques conseils pour éviter les caprices :

  • Créez une ambiance sereine.
  • Annoncez-lui à l’avance ce que vous allez faire ensemble et ne le modifiez pas en cours de route.
  • Évitez les endroits qui suscitent la fatigue et l’excitation : le supermarché par exemple.

Mais si vous devez y aller, posez les limites de ce que vous acceptez ou n’acceptez pas. Par exemple, expliquez-lui ce que vous allez acheter et ce que vous n’avez pas l’intention d’acheter. Surtout, ne cédez pas une fois sur place.

  • Prenez le temps nécessaire pour faire les choses sans stress ni précipitation.
  • Mettez en place des rituels agréables et apaisants, comme lire un livre ensemble, toujours à la même heure, avant que votre enfant ne soit trop fatigué.
  • Faites preuve de fermeté, en douceur : oui c’est oui, non c’est non, et ne revenez pas dessus.

Lorsque la colère éclate :

  • Restez calme, n’ayez recours ni à la force ni à la violence.
  • Ne le menacez pas, ne le ridiculisez pas.
  • Emmenez-le calmement à l’écart.
  • Isolez-le un instant – par exemple dans sa chambre – le temps qu’il réfléchisse et qu’il se calme. Lorsqu’il est calmé, demandez-lui doucement si ça va mieux, et manifestez-lui de l’affection en le serrant dans vos bras par exemple ce qui va le rassurer et l’encourager à dominer ses accès de colère d’une manière générale.

Les sanctions :

Si vous menacez votre enfant d’une sanction, alors il faut la mettre en application.

S’il vous défie et que vous n’appliquez pas la dite sanction – il saura qu’il pourra le refaire la prochaine fois.

Le rapport de force dans la négociation :

  • Lorsque vous êtes en train de discuter et que vous rentrez dans un conflit avec un rapport de force, prenez du temps et laissez l’enfant réfléchir. Puis, doucement faites-lui une offre, donnez-lui le choix parmi deux solutions qui sont toutes les deux acceptables pour vous.
  • Soyez ferme dans vos demandes, cela aidera votre enfant à se développer et à bien comprendre les règles de la société, même si c’est difficile.
  • C’est bien aussi de laisser l’enfant expérimenter les conséquences de ses actes, comme par exemple le désordre qu’il a fait. Demandez-lui de le nettoyer avec vous, ne le faites pas seul, même si c’est plus simple de le faire seul : il comprendra mieux la situation, il distinguera clairement ce qui est désirable et ce qui ne l’est pas, il comprendra aussi pourquoi vous n’étiez pas d’accord au départ. La plupart des enfants aiment aider.

L’attitude à adopter :

Les « caprices » sont un moment dramatique, intense et plein d’émotions. Avec une attitude calme, vous pourrez diluer le drame et changer la situation en une discussion posée. C’est important de rester calme et posé.

En cas de transgression d’une règle, ayez recours à la parole, calme et ferme.

Bannissez la fessée  – même légère – ou la tape sur la main ou le bras. Ces gestes affectent fortement l’estime de soi de l’enfant et le conduiront à taper plutôt qu’à discuter en cas de dispute ou de désaccord avec d’autres enfants, dès qu’il en aura l’occasion.

Ce que l’on souhaite, c’est établir une atmosphère de paix et de réflexion, que l’enfant soit soucieux de respecter les règles, qu’il établisse des liens d’entraide vis-à-vis des autres et qu’il soit capable d’empathie.

Discipline positive :

Il est important de préparer l’enfant à être sociable, et cela commence à la maison.

Par exemple, proposer des choix limités d’une manière positive ou parler doucement, presque en chuchotant car l’enfant se sent moins menacé lorsqu’on lui demande quelque chose d’une manière très douce : deux façons de faire qui peuvent s’avérer très efficaces.

Les récompenses :

Mais ne lui offrez pas de récompense. Pour Maria Montessori, la récompense est ailleurs. Lorsqu’un enfant franchi un obstacle et qu’il retrouve un état de paix, qu’il peut être concentré dans une pensée ou dans une activité qui lui convient, il connaît un moment de félicité et de bonheur.

« La récompense qu’il ambitionne le plus consiste justement en cet effort-là. »
Maria Montessori, L’Enfant dans la famille

Face aux caprices :

Faire une colère est fréquent chez les tout-petits, car c’est un excellent moyen de se faire entendre. Cherchez à identifier l’origine de la colère. Est-ce que votre enfant a faim ? Est-il fatigué ou malade ? A-t-il mal quelque part ou trop chaud ? Y a-t-il trop de bruit autour de lui ? Essayez de le soulager et adoptez une attitude calme, douce et compréhensive pour le rassurer et le réconforter. En grandissant, votre petit va aussi forcément tester vos limites – et souvent au moment le moins opportun. Ce qu’il souhaite à ce moment-là, c’est que vous lui prêtiez attention et que vous l’écoutiez. Alors faites-le.

 

Quoi qu’il en soit,

C’est important aussi de savoir que cette phase de « caprices » chez l’enfant passera.

Et que plus vous l’accompagnez sereinement dans cette phase, mieux il saura dominer ses frustrations et faire face à des situations difficiles tout au long de sa vie.

 

Certains des textes de ce billet sont extraits de : 60 activités Montessori pour mon bébé de Marie-Hélène Place, aux éditions Nathan.

 

Par Marie-Hélène

Passionnée par la pédagogie Montessori, Marie-Hélène est auteur de la collection Balthazar.