Petit guide de paix intérieure en période de confinement

« Tout comme l’océan peut être turbulent sur le dessus, mais toujours paisible dans ses profondeurs ; sous le bruit de surface de nos pensées, il y a toujours une réserve profonde de calme et de tranquillité. » Bodhipaksa

La période que nous vivons est inédite.

Que nous vivions seul ou à plusieurs, ces semaines de confinement sont et seront pour beaucoup d’entre nous un grand saut hors de notre zone de confort ; un test de résilience, de patience et de bienveillance.

Il s’agira pour certains d’apprendre à être seul tout en restant sain (d’esprit et de corps) ; et pour d’autres, de supporter la présence permanente des personnes autour de nous – conjoint(e), enfants, parents, colocataires.

Alors comment rester calme et serein.e ? Je partage avec vous les pratiques que j’ai mises en place ces deux dernières semaines et qui marchent.

  1. Faire une pause dans le présent

Selon de nombreuses études neuroscientifiques, notre mental est distrait, c’est-à-dire dans le passé ou dans le futur, au moins 50% du temps. Ces études montrent aussi que ce vagabondage mental est source d’anxiété. En effet, lorsque notre mental vagabonde, il a tendance à aller vers des souvenirs peu agréables, ou vers des anticipations négatives ; ce qui génère tristesse, anxiété, colère.

Afin de faire émerger la paix intérieure qui est en vous, en-dessous de toute cette activité mentale, il faut se préparer, en cultivant la présence.

Pratiquer la pleine conscience permet de se concentrer sur ce qui se passe ici et maintenant pour vous : vos sensations, vos émotions, vos sens.

Voici un exercice : faites une pause dans la lecture de cet article, et en restant à votre place et en prenant votre temps, nommer

  • 5 choses que vous pouvez voir autour de vous : des objets, des personnes, ce que vous voyez par la fenêtre,
  • 4 sensations physiques : vos points de contact avec le sol, des sensations internes agréables ou neutres,
  • 3 sons que vous entendez, chez vous ou dehors,
  • 2 odeurs que vous sentez,
  • 1 goût que vous avez dans la bouche.

 

  1. Mieux connaître ses schémas de pensées

Quelles sont les pensées qui vous éloignent de votre réserve profonde de calme et de tranquillité ?

Avez-v0us tendance à ruminer le passé, à chercher des fautifs dans votre situation au présent, à juger, ou à anticiper le pire à venir ?

Un exercice que j’aime beaucoup, c’est l’écriture continue (adapté du livre ‘Libérez votre créativité’ de Julia Cameron).

Dès que vous sentez que votre état de paix naturelle s’estompe, prenez un cahier et écrivez tout ce qui vous passe par la tête sur 1 ou 2 pages (selon si le format est A4 ou A5). Tout ce qui vous passe par la tête, sans jamais vous arrêtez. Il ne s’agit pas d’écrire votre prochain roman, donc la forme n’a aucune importance. Personne ne doit non plus lire vos pages.

Il s’agit de déverser votre bavardage mental sur papier, peu importe le type de pensées. Même si vous vous dites ‘je ne sais pas quoi écrire’ -> ceci est une pensée, donc il faut l’écrire.

Les pages ne doivent pas être relues.
 C’est une forme de méditation, une vraie pratique de développement personnel qui permet de déverser une partie de sa charge mentale sur papier, afin qu’elle cesse de nous encombrer. Cela nous permet aussi de mieux identifier les pensées qui nous éloignent de notre paix intérieure naturelle.

 

  1. Apprendre à être seul(e)

‘Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » a écrit Blaise Pascal.

Cette période de confinement est synonyme pour certains de solitude subie.

La solitude subie, c’est le fait de ne pas aimer être seul – c’est un sentiment.

La solitude positive, c’est le fait d’être heureux d’être seul – c’est un choix.

Cela nous amène à un paradoxe intéressant : si vous pouvez maîtriser l’art de la solitude, vous ne vous sentirez plus jamais seul.

Il est d’ailleurs intéressant qu’en français il n’y ait qu’un seul mot pour la solitude, alors qu’en anglais on parle de ‘loneliness’ -la solitude subie, le fait de se sentir seul(e) – et de ‘solitude’ – la solitude choisie.

Se sentir seul(e) est un état interne qui ne dépend pas de facteurs externes.

En fait, cela n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se passe autour de nous.

Vous pouvez être entouré de personnes, et quand même vous sentir seul dans votre cœur.

Et vous pouvez être seul, à des millions de kilomètres de tout contact humain, et vous sentir toujours joyeusement connecté au monde.

Cela dépend donc plus de la façon dont nous réagissons à ce temps passé seul(e).

 

La peur de la solitude est en fait la peur de l’ennui, la peur de se retrouver face à soi-même, ne pas savoir ce qu’on va y trouver.

Mais c’est cette peur qui crée l’angoisse, pas la solitude en tant que telle.

 

Alors, si vous êtes entouré en cette période de confinement, mon invitation est de passer un peu de temps avec vous-même, sans but précis derrière. Il ne s’agit pas de s’adonner à des activités ni regarder son téléphone. Juste de prendre 10, 20, 30 minutes par jour pour vous permettre de juste être, au lieu d’être constamment dans le faire. Redevenir un être humain.

 

Et, si vous êtes seul, je vous invite à voir la solitude sous un autre angle : c’est de périodes de solitude que naissent les meilleures idées. Accueillez ce cadeau si rare à bras ouverts, cette opportunité qui vous est offerte de faire ce que vous avez envie de faire quand vous voulez le faire. L’invitation ici est d’être en silence pendant 10, 20, 30 minutes par jour. Cela vous permettra de vous reconnecter à vos émotions profondes, à vos vraies valeurs, à votre enfant intérieur créatif, joueur, spontané.

 

  1. Cultiver le printemps à l’intérieur.

Les beaux jours arrivant, nous avons peut-être l’impression de rater une partie du printemps à rester chez nous.

Mais nous pouvons aussi cultiver le printemps à l’intérieur de nous. Comme le disait Carl Gustav Jung, ce printemps intérieur, personne ne peut nous le voler.

Alors, comment faire ?

Voici mes rituels du soir et du matin.

Chaque soir, je note 3 choses pour lesquelles j’ai de la gratitude : il peut s’agit d’évènements positifs, de la présence d’une personne dans ma vie, ou même juste du fait d’avoir pu boire un bon café ou prendre une pause de 10 minutes.

Ensuite, je note 3 qualités dont j’ai fait preuves pendant la journée écoulée : peut-être ai-je fait preuve de patience envers quelqu’un, d’écoute, ou d’ingéniosité.

Enfin, je note 3 choses que j’ai hâte de faire le lendemain : cuisiner un bon repas, faire un peu de sport, parler à une amie, ou même ranger si cela me procure du bien-être.

Le matin, avant toute chose, juste après avoir ouvert les yeux, j’exprime ma gratitude de cette nouvelle journée qui commence, d’être en bonne santé, dans un pays privilégié. J’exprime avec mes pensées un grand MERCI du fond du cœur et je laisse ce sentiment me remplir pour la journée à venir.

Je vous souhaite un joli printemps à l’intérieur.

 

Par Gaëlle

Gaëlle, aventurière créative et espiègle, prof de méditation & coach en développement humain. 

Retrouvez Gaëlle sur son site www.expandhuman.com